Contexte
Parmi les bioagresseurs du sol les plus contraignants en production maraîchère, les nématodes à galles (Meloidogyne spp.) occupent une place prépondérante. En France, le préjudice économique qui leur est attribué dépasse 900 millions d’euros annuels (Djian-Caporalino et al., 2010 ; Singh et al., 2015), témoignant de l’ampleur du défi agronomique qu’ils représentent.
Leur mode d’action ? Ils colonisent le système racinaire et induisent la formation de galles qui perturbent les échanges hydriques et minéraux entre le sol et la plante. Il en résulte un affaiblissement général des plantes (tolérance réduite aux stress biotiques et abiotiques, diminution des rendements, etc.).
La solution ByeNematode®
Face à ces enjeux, la solution ByeNematode® est un nématicide biologique fondé sur l’introduction dans le sol d’acariens prédateurs ciblant spécifiquement les populations de nématodes à galles. Cette stratégie vise à contenir la pression parasitaire en deçà du seuil de nuisibilité, fixé à 20 % de racines infectées, préservant ainsi l’intégrité fonctionnelle du système racinaire.
Intégrer ByeNematode® dans son itinéraire technique de solanacées
1- Diagnostic
Avant toute chose, il faut effectuer un diagnostic pour estimer le nombre de nématodes à galles dans le sol. Pour ce faire, le maraîcher s’appuie sur ses observations lors de l’arrachage de l’année précédente, ainsi que sur l’expérience qu’il a de son sol.
Le diagnostic permet de distinguer plusieurs niveaux d’infestation, qui déterminent le nombre de lâchers à réaliser, ainsi que leur calendrier d’application.
2- Nombre de lâchers et calendrier d’application

- Niveau d’infestation 0 : Racines saines
L’examen racinaire ne révèle aucun signe de colonisation par des nématodes à galles. Le système racinaire assure ses fonctions d’absorption. Dans cette configuration, le recours aux acariens prédateurs n’est pas nécessaire. Un suivi régulier de l’état sanitaire du sol est conseillé pour maintenir cet état.
- Niveau d’infestation 1 : Faible pression (quelques petites galles, pas de perte de rendement)
L’apparition de petites galles éparses signale une infestation en phase d’installation. Ce niveau de contamination implique un risque d’ancrage des nématodes à galles dans la parcelle. Un lâcher unique d’acariens, réalisé quelques semaines après la mise place de la culture, constitue une réponse préventive permettant de limiter l’installation du parasite.
- Niveau d’infestation 2 : Pression modérée (quelques galles surinfectées, pas de perte de rendement)
Quelques galles développées, se manifestant sous forme de renflements visibles, témoignent d’une colonisation plus avancée accompagnée d’une altération partielle du système racinaire. Le protocole recommandé comprend deux à trois interventions : un premier lâcher à la plantation, un second six semaines après, et, le cas échéant, un troisième lâcher quatre semaines plus tard pour consolider la régulation du parasite.

- Niveau d’infestation 3 : Forte pression (nombreuses galles surinfectées, perte de rendement)
La présence de nombreuses galles surinfectées de grande taille révèle une pression parasitaire élevée, avec des répercussions sur la production. Le système racinaire présente des signes marqués de dysfonctionnement. Trois lâchers sont préconisés : à la plantation, six semaines après le premier, puis quatre semaines après le second. Ce protocole permet une régulation continue face à une population de nématodes bien implantée.

- Niveau d’infestation 4 : Pression très forte (galles surinfectées avec nécroses, perte de rendement)
Ce niveau correspond à une infestation sévère, caractérisée par des galles nombreuses et de grande taille accompagnées de nécroses. L’intégrité fonctionnelle du système racinaire est alors très impactée, entraînant des pertes de rendement.
Dans ce contexte, le protocole préconise trois à quatre introductions d’acariens prédateurs, espacées d’un intervalle de quatre semaines en moyenne, afin de rétablir l’équilibre biologique. La quatrième introduction est réservée aux cultures à cycle long, dont la durée excède six mois.
2024-2025 : Dispositif expérimental sur les tomates
Entre 2024 et 2025, trois essais ont été conduits en conditions de production sur tomates, en Loire-Atlantique et en Lot-et-Garonne. Chaque dispositif reposait sur une comparaison entre une modalité témoin sans intervention et une modalité intégrant la solution nématicide ByeNematode®.


Trois essais réalisés sur tomate
Essai n°1 : Loire-Atlantique, 3 000 m2 de serre, suivi par le comité départemental de développement maraîcher (CDDM).
Le premier essai a été réalisé en Loire-Atlantique sur une surface de 3000 m² de serre, avec trois apports de la solution ByeNematode®. Dès le premier relevé, le traitement avec les acariens prédateurs est le seul pour lequel aucune attaque n’a été observée. En fin de culture, l’application de ByeNematode® permet une amélioration nette de l’état racinaire, avec une augmentation de 20 % de racines saines par rapport aux modalités de référence, comme le montre le graphique ci-dessous.

Essai n°2 : Loire-Atlantique (480 m² de serre) suivi par la CDDM.
Ce second essai, également conduit en Loire-Atlantique sur 480 m² avec trois apports, confirme les résultats du premier essai. Une réduction marquée de la pression des nématodes dans le sol est observée, avec une diminution de 80 % des populations en présence de ByeNematode® (visible sur le graphique n°2). Par ailleurs, lorsque des acariens prédateurs sont utilisés, le seuil de nuisibilité n’est pas dépassé, indiquant un bon contrôle des bioagresseurs tout au long de la culture.

Essai n°3 : Lot-et-Garonne (5 000m2 de serre)
Le troisième essai a été mené dans le Lot-et-Garonne (47), avec trois apports et un suivi réalisé par Les Paysans de Rougeline. Les résultats montrent que 77 % des racines restent viables en fin de culture, comme le montre le graphique n°3. Comme dans les essais précédents, la présence d’acariens prédateurs permet de maintenir la pression des bioagresseurs sous le seuil de nuisibilité, confirmant les résultats dans une autre région de production.

Conclusion
Sur les trois essais, les résultats vont dans le même sens. L’utilisation de ByeNematode® réduit fortement la présence des nématodes à galles dans le sol. Cette réduction se traduit par une amélioration de l’état racinaire.
Ainsi, les acariens prédateurs permettent de maintenir la pression des bioagresseurs sous le seuil de nuisibilité.
ByeNematode® s’inscrit comme un levier de sécurisation agronomique pour les systèmes de production exposés aux nématodes à galles. Les suivis d’essais se poursuivent afin de confirmer ces résultats dans une diversité de contextes pédoclimatiques.







